À Grand-Case, la sociabilité est une matière vivante, qui se manifeste dans l’entraide et dans un mode de vie fait de proximité. Les anciens se retrouvent devant l’église Saint-Joseph, bâtie en 1897 et toujours debout malgré les cyclones. Les veillées mortuaires, tradition persistante, réunissent voisins et familles autour de contes, de sorbet coco, dans une atmosphère de respect du temps long.
La fête la plus importante reste le “Mardi Gras” : chaque année, le village accueille un mini-carnaval singulier, aux costumes flamboyants mais d’inspiration souvent locale, où la “mas” (mascarade) croise des airs de calypso. On partage alors :
- Des “tartes à la noix de coco” vendues à la criée
- Des rhums arrangés aux écorces d’orange et cannelle
- Des beignets d’igname servis brûlants en fin de procession
Signe distinctif : les langues s’entremêlent, entre le français, l’anglais, le créole saint-martinois (riche en expressions imagées telles que “ti ba mwen on lyann”, littéralement “passe-moi une racine”, c’est-à-dire “aide-moi”). La population du village, d’environ 1 200 habitants (source INSEE, 2020), voit chaque année un brassage de nouvelles familles venues de Guadeloupe, de Haïti, d’Europe, qui s’ajoutent aux vieilles lignées installées depuis la fin de l’esclavage.
Plusieurs associations, comme le “Collectif d’Artisanat Grand-Case”, organisent marchés nocturnes et ateliers de savoir-faire : tressage du bakoua (chapeau), sculpture de tamarinier, confection de sirop batterie à base de canne.