Implantation et organisation urbaine
Dans Marigot, la capitale de Saint-Martin, le centre historique se laisse parcourir à pied. Les îlots se serrent, les ruelles sont étroites, ponctuées d’alcôves, de commerces à petit volume et de galeries en bois ajouré. Les habitations se déploient selon un axe perpendiculaire au vent, maximisant l’ombre et la circulation naturelle de l’air.
À Philipsburg, côté néerlandais, la ville s’ouvre sur la Great Bay. L’avenue principale, Front Street, illustre un rapport différent à l’espace : linéaire, dense, orienté vers une vie commerçante intense. Les enseignes colorées, les façades alignées, rythmées par des bow-windows et des terrasses, calligraphient l’espace avec plus d’ostentation.
| Critères |
Saint-Martin (français) |
Sint Maarten (néerlandais) |
| Volume des maisons |
Pavillons modestes, en retrait, souvent un seul niveau |
Maisons plus hautes, surfaces commerciales importantes |
| Matériaux |
Bois (acajou, mahogany), tôle ondulée peinte, pierre locale |
Béton, enduit coloré, pierre importée, bardage aluminium |
| Organisation |
Implantation traditionnelle (haut sur pilotis sur les pentes), petits lotissements en chapelet |
Urbanisation plus dense, orientation front de mer, zones hôtelières centralisées |
| Couleurs |
Pastels, harmonies discrètes, boiseries patinées |
Camaïeux vifs, contrastes accentués, peintures éclatantes |
Matières, gestes et adaptation au climat
Sous les alizés, l’architecture doit résister : ouragans, sel, soleil intraitable. Côté français, la réparation post-Irma (2017) privilégie la tôle galvanisée, les lambrequins en bois et les auvents repliables. Les brise-vues sculptés dans le mahogany forment motifs, laissant la brise entrer sans livrer les regards. Sur les galeries, chaises paillées « ti-ban » et treilles de bougainvilliers racontent une vie tournée vers dehors-dedans.
À Sint Maarten, la robustesse prime. Les constructions récentes font appel au béton armé, aux fenêtres plus standards, parfois climatisées. Les hôtels privilégient les toits plats, optimisant la vue mer, mais sacrifiant parfois la ventilation naturelle. Quelques échos du style antillais survivent pourtant : porches, moulures, et surtout la présence de “shutters” – persiennes pivots qui ferment la maison en cas de cyclone.