En s’approchant du front de mer de Marigot, c’est d’abord le parfum indécis mais entêtant qui retient l’attention. À l’aube, la lumière caresse les toits de tôle rouge, le soleil levant joue sur les couleurs vives -- le bleu cobalt d’une barque, le jaune bouton d’or d’un rideau entrouvert. Le marché de Marigot, adossé à la mer, s’éveille lentement. Ici, comme un cœur battant, il rassemble.
Trois fois par semaine, d’imposantes dames coiffées de foulards colorés dressent leurs paniers tressés sur de longues tables. On y trouve :
- Des mangues caramélisées par la chaleur, parfaitement imparfaites,
- Des bouquets de thym-pays et de bois d’Inde,
- Des accras tout juste dorés, servis avec ce sourire complice qu’on n’oublie pas.
- Des épices en vrac, gousses de vanille, bâtons de cannelle, piments séchés,
- Des rhums arrangés, travaillés selon des recettes familiales jalousement gardées,
- L’artisanat local : colliers de graines, objets en calebasse, toiles naïves aux couleurs saturées.
En fin de matinée, la place s’emplie d’aigre-doux : le parfum de la morue frite, relevée d’un trait de piment végétarien ; en arrière-plan, la mer et les rires frappés par la brise. Un conseil pour ressentir la vérité de ce lieu : prenez le temps d’observer les échanges. Ici, la parole circule à mi-voix, souvent ponctuée d’un mot en créole – “bonjou”, “manman”, “bèl bagay” –, gage d’une confiance lente à accorder mais précieuse. La place du marché vit aussi dans l’extrême proximité de la mer : quelques mètres seulement séparent les étals du quai, et le va-et-vient des pêcheurs rythme le jour (source : Office de Tourisme de Saint-Martin).